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Les vieux cahiers d'Alexandre

Feuilles sauvées de l'oubli
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La photographie par sténopé ou Pin-Hole Photography

STÉNOPÉ. n.m. (deb. XXe; de sténo-, et gr. ôps “oeil”) Didact. (phot.) trou d’épingle faisant l’office d’objectif photographique. (Petit Robert, édition de 1977).

Anglais: pin-hole. Pin-hole photograpy: photographie par sténopé.

On peut se demander l’intérêt de réhabiliter une technique aussi ancienne à l’heure de la photographie numérique. Et pourtant, cet accessoire discret possède un potentiel créatif fabuleux. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Considérons une petite boite en carton. Sur une face, à l’intérieur, nous plaquerons un support photographique. Ce sera généralement une simple feuille de papier sensible découpée à la bonne dimension. Une réalisation plus professionnelle utiliserait du plan film pan-chromatique (l’ortho-chromatique du genre Kodelio ne se trouve plus sur le marché, ni davantage le papier inversible Kodabrome), ou bien une plaque sensible sur verre, ou bien encore un dos polaroïd. La face opposée est percée d’un petit trou. Le plus simple est de percer directement l’épaisseur du carton. Une réalisation plus soignée consiste en une feuille de clinquant de cuivre, percée proprement avec une aiguille de taille convenable afin d’obtenir un trou parfaitement circulaire, la partie de métal repoussée étant proprement ébarbée au papier de verre fin. Le plus simple est de coller le morceau de clinquant percé sur un petit cadre de canson Le diamètre du trou doit s’approcher au mieux d’une valeur théorique qui dépend de la distance au support sensible, distance que nous appellerons distance focale f par analogie avec un objectif à lentilles. Ce diamètre phi peut se calculer à l’aide d’une petite formule empirique.

phi=0,05 SQRT(f)

SQRT=racine carrée. phi et f doivent être donnés dans les mêmes unités.

L’intérieur de la boite est passé au noir mat pour éviter les reflets. Pour prendre une photo, on glisse le support sensible dans l’obscurité, on ferme la boite, on l’installe devant le sujet, on découvre le sténopé le temps nécessaire à l’exposition. On referme. On développe. C’est tout. La durée d’exposition devra être étalonnée pour chaque appareil.. Le premier avantage est la profondeur de champs presque infinie de cet appareil : un sujet très rapproché sera aussi net qu’un autre situé à dix mètres. Si le support sensible est plan l’aberration géométrique est rigoureusement nulle. En outre, le support sensible peut être courbé de façon à générer un effet grand angle. Les temps de pose très longs (de quelques secondes a plusieurs dizaines de minutes) vont ajouter un facteur supplémentaire d’étrangeté au résultat. Il faudra cependant prévoir un support stable (pied).

Cet appareil possède un certain nombre de défauts: une aberration chromatique et un vignettage non négligeable ainsi qu’un piqué médiocre pour les petits formats. Mais ces défauts ne sont pas rédhibitoires. L’aberration chromatique ne se voit pas en noir et blanc, le piqué relatif s’améliore avec la racine carrée de la dimension de l’image. Le vignettage donne parfois aux clichés un aspect qui n’est pas nécessairement inesthétique. Le papier fournit une image négative dont on fabriquera un positif soit par tirage contact avec un autre papier, soit numériquement. Les chambres par sténopé peuvent être réalisées avec les matériaux les plus divers.

MESURE DU DIAMÈTRE DU STÉNOPÉ

La mesure précise du diamètre du sténopé est fondamentale puisque l’usage d’un sténopé optimal est déterminant pour la qualité des images. Pour ce faire on peut utiliser le dispositif suivant: une source lumineuse intense (stylo laser) éclaire le sténopé s placé quasiment au foyer d’une lentille L (par exemple un objectif photo de faible focale). L’image est recueillie sur un écran E après réflexion sur un petit miroir M de bonne qualité. La distance EM est de l’ordre de 3 mètres. Le dispositif est étalonné avec un objet de dimension connue ou bien une mire placé exactement au niveau du sténopé. Photo du dispositif. L’étalonnage donne le grossissement du système. Le diamètre du sténopé est donné par une règle de trois. J’ai également essayé avec succès un vieux projecteur de microfilms (une victime de l’informatisation) acheté dans un vide-grenier. Le rapport d’agrandissement est supérieur à 20 avec une excellente définition.. Pour cet usage précis, c’est parfait !

BIBLIOGRAPHIE.

S’il ne faut citer qu’un seul ouvrage: Pinhole Photography. Rediscovering a Historic Technique. Eric Renner, 1995. Focal Press. Boston, London. Environ $30 chez amazon.com.

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